Journaliste à RCF Lyon, Grégoire Gindre est devenu papa le 15 juillet 2025. Six mois après, il se confie sur cette paternité qui a bouleversé sa vie. Il se construit désormais un nouvel équilibre avec son fils entre vie professionnelle et vie de couple. Au quotidien il anime « Pour bien comprendre », une émission pédagogique régionale, et le week-end « Ain/Rhône éco », où il dresse le portrait d’entrepreneurs.

Vous faites la connaissance de nombreuses personnes à travers vos émissions, aujourd’hui vous découvrez la vie de père. Qu’est-ce que la paternité vous a apporté jusqu’ici ?
J’ai la sensation d’avoir redécouvert l’amour. J’ai compris ce que c’était le véritable amour en découvrant mon fils. Je me suis dit que j’aimais pas vraiment mes parents avant de découvrir ce que c’était d’avoir un fils. Je donnerais tout pour lui. J’ai découvert l’humilité, parce qu’on recommence tout à zéro. La marche semble tellement haute au moment où il y a ce tout petit être qui naît, c’était le 15 juillet 2025. Il y a un nouvel équilibre personnel-professionnel à trouver, je dis pas que je l’ai trouvé encore au bout de six mois, mais j’essaie de me calquer.
Est-ce que le fait de devenir parent vous a impressionné ?
C’est comme une marche immense à gravir, un véritable mur qui se dresse devant nous. On se sent tout petit face à ce qui nous attend, alors que c’est juste un petit bébé. On se demande : comment vais-je y arriver ? Je ne sais pas faire, il n’y a pas de mode d’emploi, pas de cours pour ça. Heureusement, on est deux. C’est un peu à ça qu’on s’accroche au début. Et puis, on apprend, au fur et à mesure. On fait des bêtises, on en fait encore. On tente des choses. Parfois on croit bien faire, et en fait on se trompe. D’autres fois on doute, et finalement on se rend compte que ce n’est pas si mal, que notre façon de faire marche aussi. Il y a des moments où on est clairement en mode survie. On réalise qu’il faut tout reprendre à zéro et qu’on le fait avec humilité.
Au vu de votre emploi du temps chargé du à la profession de journaliste, l’arrivée de votre fils a du changer vos habitudes. Qu’est-ce qui change pour vous professionnellement ?
Ça a chamboulé ma vie professionnelle parce que je ne peux plus faire d’horaires à rallonge parce qu’on a des horaires contraignants. Devenir papa, ça m’apporte une troisième casquette. C’est un chamboulement personnel évidemment aussi, les nuits sont plus courtes. Moi j’ai besoin de beaucoup de sommeil, donc parfois c’est un peu difficile à assumer. En arrivant au boulot j’ai parfois la tête « du matin ». Il faut faire la part des choses et essayer d’être organisé, d’anticiper un maximum pour pouvoir faire les choses du mieux qu’on peut. J’ai eu un déménagement à gérer au milieu aussi. Il est clair que j’ai du m’adapter. J’en ai fait part à mon employeur et ma femme.
Par conséquent, la naissance de l’enfant vous a donc permis de mieux vous organisez ?
Oui en effet. C’est un bouleversement qui remplit de joie et qui rend humble. On a l’impression d’être débordé quand on n’a pas d’enfant, et puis maintenant, je me demande ce que je faisais avant de m’occuper de mon enfant. Je me dis : « Je faisais quoi quand je rentrais le soir ? Qu’est-ce qui m’animait ? »
Selon vous, qu’est-ce qui change d’être père entre 2026, et il y a 30 ans ?
Le soir, c’est un deuxième job qui commence. Il y a quelques années encore, cette charge mentale reposait surtout sur les mamans. Aujourd’hui, on veut vivre avec notre temps et ne pas reproduire ce qu’on considère comme les erreurs du passé. Avant, en rentrant du travail, on se posait sur le canapé ou on allait boire un verre avec des copains. Maintenant, on a à peine le temps de passer aux toilettes : il faut récupérer l’enfant à la crèche, lui donner le bain, le coucher, préparer le dîner. Avec ma femme, on essaie de s’organiser. Le papa doit donc aussi prendre sa part dans la vie domestique. Personnellement, je ne me verrais pas laisser ma femme tout gérer le soir alors qu’elle a eu la même journée que moi. Notre vie personnelle passe au second plan, mais on l’a choisi. Le marché du travail s’est rééquilibré, les femmes sont davantage considérées professionnellement. Certains pères des générations précédentes le regrettent d’ailleurs. Ils réalisent qu’ils sont passés à côté de la petite enfance de leurs enfants, qu’ils ont tout donné pour leur carrière… pour quoi finalement ?
Comment gérez-vous votre vie de couple avec l’arrivée de votre enfant ?
Tout repose sur la communication et l’équilibre. Ma femme est cadre et participe pleinement à la vie financière de la famille. Avant la naissance du petit, j’ai dit à ma femme dès le départ : on forme une team tous les deux. Quand l’un de nous lance un signal d’alerte en disant « attention, je n’en peux plus, j’ai besoin de dormir, de me vider l’esprit, d’avoir mon moment à moi », l’autre doit être là pour l’entendre et agir en conséquence. Il faut que chacun puisse se libérer mentalement, ne pas avoir que notre fils en tête, sinon on se laisse vite prendre dans un engrenage. Avant, on allait au sport ensemble. Maintenant, on y va séparément, mais ça nous laisse une heure par semaine pour nous. On a instauré un système : tous les mardis soirs, c’est ma femme qui gère notre fils, tous les lundis soirs, c’est moi. Sur les cinq jours de semaine, avoir une soirée où on souffle, c’est vraiment très agréable et libérateur. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas envie de s’occuper de notre enfant, mais ce moment nous est vraiment nécessaire.
Grégoire Gindre aime bien reprendre l’expression : « Avoir des enfants c’est la meilleure et la pire chose qui me soit arrivée ». Il explique pourquoi :
