Chaque année, à l’approche de la période d’orientation post-bac, un mot revient plus souvent que les autres dans les couloirs des lycées lyonnais : « Parcoursup ». Depuis sa mise en place en 2018, la plateforme est devenue un moment charnière et redouté de la vie scolaire.

Selon une enquête de l’association Article 1, 70 % des lycéens français interrogés se disent stressés ou paniqués à l’idée de formuler leurs vœux et de voir leur avenir se jouer à partir du 19 janvier prochain sur Parcoursup. Ce stress n’est pas seulement une impression passagère : il s’enracine de plus en plus à Lyon chaque année : « Ça me stresse, c’est une vraie galère. Notre avenir se joue en quelques mois et en quelques clics. On nous demande à 18-19 ans de prendre des décisions majeures pour nos vies », confie Melvyn, lycéen au lycée général Saint-Marc à Lyon.
Listes d’attente, refus et inégalités : un système qui fragilise la santé mentale
Pour beaucoup d’élèves, les réponses obtenues via Parcoursup sont perçues comme déterminantes pour la suite de leurs études, voire pour toute leur vie professionnelle, ce qui accroît fortement la pression ressentie. L’incertitude liée aux listes d’attente et aux refus génère anxiété et frustration, installant un stress très négatif sur la santé mentale des lycéens lyonnais. À cela s’ajoute une surcharge de travail, puisque cette période coïncide avec les révisions du baccalauréat et les derniers trimestres scolaires. Enfin, un accompagnement souvent jugé insuffisant renforce le sentiment de solitude et de confusion face aux choix d’orientation, un phénomène également vécu par de nombreux lycéens à Lyon. C’est le cas de Marine, étudiante de 20 ans à l’EM Lyon : « En terminale, je voulais faire des études de géopolitique. Au final, étant donné que j’étais dans un lycée très strict sur les notes, je n’ai rien eu sur Parcoursup et je suis donc allée à l’EM Lyon en commerce, mais ça ne me plaît pas du tout. L’État parle d’égalité des chances avec Parcoursup mais au final il y a toujours de grosses injustices. Je suis convaincue que si j’avais été dans un lycée public, j’aurais eu plus de choix sur Parcoursup. Aujourd’hui, je perds mon temps et je ne suis absolument pas épanouie dans ma vie ».
« Les élèves mettent des vœux mais personne ne les veut »
Au-delà des chiffres, les témoignages sur les réseaux sociaux, dans les médias ou au sein des familles montrent que la période Parcoursup est souvent une source de tension émotionnelle chez les jeunes et leurs proches. Pour Carole Gache, prof de français au lycée Diderot et mère d’une lycéenne, la plateforme est loin d’être une solution optimale : « Je dis continuellement que Parcoursup c’est le lieu où les élèves mettent des vœux, mais au final personne ne les veut. Sur le principe, cette plateforme était pleine de promesses, mais on se rend bien compte aujourd’hui qu’elle est loin d’être parfaite. Même au niveau de nous les professeurs, certains de mes collègues sont en fin de carrière et ne sont pas assez formés pour accompagner les élèves dans les meilleures conditions. »
Mieux accompagner pour apaiser l’orientation post-bac
Face à ce stress, plusieurs initiatives se développent afin d’aider les lycéens à mieux vivre cette étape décisive. Le renforcement de l’accompagnement scolaire, notamment grâce à des demi-journées d’orientation organisées tout au long de l’année de terminale, permet d’encadrer davantage les élèves dans leurs choix. Les salons de l’orientation et les ressources spécialisées contribuent également à informer plus tôt et plus clairement les futurs candidats, tandis que les outils numériques sont de bon conseil pour structurer une réflexion plus sereine. Malgré tout, de nombreux observateurs estiment qu’il reste encore des efforts à fournir pour rendre l’orientation post-bac moins anxiogène et réellement accessible à tous.
