À 22 ans, Selma Weber vient d’achever ses études en bijouterie-joaillerie. Issue d’une famille chrétienne sur plusieurs générations, elle organise désormais le Groupe des Jeunes Adultes de son église à Lyon. Entre culpabilité et relations toxiques, la jeune femme raconte comment sa foi l’a guidée à travers deux épreuves majeures.

Aujourd’hui, Selma Weber jongle entre sa petite activité de bijouterie-joaillerie et sa recherche d’emploi, tout en vivant chez ses grands-parents à Lyon. Mais ce qui structure vraiment son quotidien, c’est sa foi. Tous les dimanches, direction l’église rue Louis à Montchat, comme depuis toujours.
C’est sa confiance en Dieu qui lui a permis d’avancer dans les études qu’elle souhaitait faire. En effet, Selma, 22 ans ne correspond pas au cliché de l’étudiante brillante. « Pas très scolaire », comme elle se définit elle-même, elle a pourtant trouvé sa voie dans les arts appliqués, au lycée La Martinière Diderot. « Mes parents et mes grands-parents ont dû faire des choix difficiles dans leur vie et ils ont toujours mis leur confiance en Dieu. Donc pour mes choix d’orientation, je savais que si j’étais acceptée ou non dans ce lycée, c’était pour mon bien », explique-t-elle.
Dans sa famille, la religion ne se vit pas en sourdine. Dieu est au centre pour eux tous : elle, ses parents, ses deux frères et sa sœur. Ses parents ont encadré les jeunes à l’église pendant plusieurs années. Faisant partie de l’équipe pastorale, sa tante Annabelle Mariano a même dirigé un centre chrétien en Haute-Loire. Par conséquent, la conviction qu’elle a appliquée tout au long de sa scolarité est son héritage familial : « Si ça marche, c’est pour mon bien, et si ça ne marche pas, c’est aussi pour mon bien. Il n’y a pas de hasard. » Depuis toute petite, Selma a appris à se confier à Dieu lorsqu’elle traverse des moments délicats.
La prière en rempart contre la culpabilité
C’est en troisième que tout bascule. Dans son large groupe d’amis constitué depuis la sixième, des jalousies naissent, des clans se forment. Selma doit faire des choix, s’éloigner de certaines personnes. Une fille en particulier le vit très mal. « Je me suis sentie hyper coupable. C’était un moment très, très compliqué. J’ai eu des rendez-vous avec le proviseur, la CPE. Mes profs m’ont tourné le dos alors que, en fait, je n’étais pas vraiment coupable », se souvient-elle.
Le pire pour la chrétienne, c’est le sentiment d’avoir trahi sa foi. « Je me sentais très mal vis-à-vis de Dieu, parce que j’avais fait du mal à une de ses créatures. Et donc, j’ai beaucoup pleuré, beaucoup prié, beaucoup demandé pardon. » Pendant trois ans, Selma a prié pour cette fille. Trois ans à supplier Dieu qu’elle lui pardonne, qu’elle le rencontre. Tout au long de cette épreuve, Selma s’accrochait à un passage du Livre des Romains dans la Bible : « Mais Dieu nous a prouvé à quel point il nous aime : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ». Le chagrin amical avait paradoxalement contribué à fortifier sa foi durant la fin de son adolescence. En juin 2022, Selma s’était fait baptiser.
Et c’est finalement quelque temps après, lors de sa première année d’études supérieures, que son ancienne amie revient vers elle, s’excuse et reconnaît la culpabilité infligée. Le soulagement est immense.

Quand Dieu retire « tout ce qu’il y avait de mal »
Après l’apaisement du baptême vient une nouvelle tempête. En juillet 2022 après le bac, elle débute une relation avec un garçon qui « ne lui correspondait pas ». Elle s’achève en janvier 2023. Une autre commence en avril 2023. Durant ces mois de relation qu’elle qualifie aujourd’hui de « toxiques », Selma s’était éloignée de l’église, de Dieu, de son entourage.« On m’avait prévenue que la période post-baptême est difficile car on peut être plus exposée aux tentations. Dans mon cas, le désir de plaire aux hommes était une tentation récurrente. C’est un point que j’ai beaucoup travaillé et sur lequel je reste vigilante », admet-elle. À cette période s’ajoute l’un de ses stages de formation qui se passe moins bien que prévu. Seul son copain la rendait heureuse.
En avril 2023, elle est censée partir à Union Jeune, un rassemblement chrétien de quatre jours. Elle ne voulait pas y aller au départ. « Je savais que là-bas j’allais rencontrer des jeunes heureux de prier, qui étaient dans la présence de Dieu. Tout ce que je n’étais plus à ce moment-là » Elle y va quand même. Le dernier soir, pendant la louange et les prières, à 23 heures elle supplie Dieu de l’aider. Mais à minuit, le garçon décide de rompre.
Abattue le lendemain matin, elle tombe sur ce verset : « Appelle-moi, et je te répondrai, je t’apprendrai de grandes choses, des choses cachées que tu ne connais pas » (Jérémie Chapitre 33 verset 3). Puis sur un TikTok : « Dieu enlève des personnes de nos vies pour notre bien car lui seul voit ce qu’il y a au fond des cœurs. » C’est là qu’une paix immense l’envahit. Après cela, elle était de nouveau heureuse. Ainsi, le contact avec Dieu fut renouvelé puisqu’elle avait brisé cette souffrance mentale. Elle ne se reconnaissait plus et puis tout devenait plus clair pour elle après. « Je ne peux pas dire que Dieu n’est pas vivant. Il a retiré tout ce qu’il y avait de mal dans ma vie. Pendant plusieurs mois c’était dur, le mal m’attaquait sans cesse et Dieu a agi », affirme Selma aujourd’hui.
Elle n’a jamais consulté de psychologue durant ces épreuves, préférant se confier à sa famille et aux chrétiens de son entourage. Toutefois, elle reconnaît que la foi n’empêche pas un chrétien de consulter un psychologue. « Si un chrétien est amené à voir un psy, Dieu interviendra à travers ce psy. Quand on demande à Dieu de nous éclairer, de nous envoyer des personnes, des messages, des signes… Dieu peut donner des explications à travers la bouche d’un ami, d’un parent ou d’un psy, d’un professeur, d’une publication sur les réseaux sociaux… N’importe qui finalement. »
Désormais, celle qui n’a jamais eu peur d’aller vers les autres organise plusieurs activités : distributions de Bibles lors de la Fête des Lumières, des collectes de cadeaux pour enfants dans le besoin, des soirées danse à l’église ou encore organisation des soirées du Groupe des Jeunes Adultes. Comme pour transmettre ce qui l’a sauvée.
