
Le studio de Lilou Lafay, une superficie de 11m² pour 643€ par mois.
À Lyon, étudier coûte cher, parfois trop cher. Dans la métropole, le prix des logements s’est envolé ces dernières années. Pour de nombreux étudiants, se loger est devenu un combat quotidien qui ne se joue pas seulement sur le plan financier. Stress chronique, anxiété, sentiment d’insécurité : la pression du loyer grignote la santé mentale des jeunes Lyonnais.
Selon des études locales, le logement représente aujourd’hui le premier poste de dépense chez les étudiants lyonnais. Studios rares, colocations sur-côtées, files d’attente interminables pour les résidences universitaires : l’accès à un toit stable est souvent incertain. Et quand le loyer dépasse largement les budgets, les conséquences psychologiques ne tardent pas à apparaître.
« Je compte chaque euro, tout le temps »
Lilou est une étudiante de 21 ans à l’IAE de Lyon. Installée dans un studio de 11 m² dans le 7ᵉ arrondissement, elle consacre plus de la moitié de son budget mensuel à son loyer. « Mon loyer est à 643 euros, sans les charges. Avec ma bourse et un petit job le week-end, j’y arrive à peine. Je compte chaque euro, tout le temps. C’est épuisant », confie-t-elle.
Comme beaucoup d’étudiants, Lilou Lafay a dû accepter de prendre un logement au-dessus de ses moyens par peur de ne rien trouver car la demande est très forte à Lyon. « J’ai visité dix appartements en une semaine. À chaque fois, il y avait une bonne vingtaine de personnes. Quand on m’a dit oui, j’ai signé sans réfléchir. Aujourd’hui, je fais des crises d’angoisse à l’idée d’un imprévu : si je reçois une facture ou une amende imprévue, je ne pourrai pas la payer » déclare-t-elle avec amertume.« J’ai du mal à me concentrer, je suis fatiguée mentalement. Vivre dans l’incertitude, il y a rien de pire ».
Une pression qui dépasse les étudiants
Le logement, censé être un refuge, devient une source d’angoisse permanente. À Lyon, cette réalité se heurte à la spéculation immobilière et à une offre insuffisante de logements abordables pour les jeunes étudiants. Face à ce constat, certains acteurs tentent d’apporter des solutions. Guillaume Gache, ancien journaliste, a choisi une voie peu commune : investir dans l’immobilier pour louer à des jeunes à des prix volontairement modérés.
« J’ai vu trop d’étudiants en galère. Le logement ne devrait pas être un luxe, surtout pour ceux qui se forment », explique-t-il. Depuis plusieurs années, il achète des appartements qu’il rénove avant de les proposer à des jeunes avec des loyers inférieurs au marché. « Je gagne moins que si je louais au prix fort, évidemment. Mais quand un étudiant me dit que ça lui a évité d’abandonner ses études, ça n’a pas de prix. Vivre avec la peur de ne pas pouvoir payer son loyer, c’est une violence quotidienne ».
À Lyon, le logement étudiant n’est plus seulement un problème économique, mais un enjeu de santé mentale. Tant que se loger restera une source d’angoisse et de précarité, étudier sereinement restera un luxe pour trop d’étudiants.
