« La pandémie a révélé un mal-être » : Olivier Revol décrypte la santé mentale des jeunes

Mardi 27 janvier, le pédopsychiatre Olivier Revol était invité par le comité de soutien Cœur Lyonnais au restaurant Une Faim d’Apprendre. Devant une centaine de parents et grands-parents, le spécialiste a décrypté pendant deux heures les bouleversements qui impactent la génération Z.

Le pédopsychiatre Olivier Revol à la fin de son intervention au Restaurant Rêves d’Apprendre – Photo de Emmanuel Da silva

« On a piqué une partie de leur adolescence aux jeunes de cette génération », explique Olivier Revol face aux parents et aux grands-parents présents au restaurant Une Faim d’Apprendre. Le pédopsychiatre lyonnais a ainsi livré une conférence sur la santé mentale des jeunes devant une centaine de personnes. Il a expliqué à quel point la pandémie de Covid-19 a révélé un mal-être préexistant chez plusieurs jeunes aujourd’hui. « La phobie scolaire a explosé ». Selon The Lancet Planetary Health, 75 % des 16-25 ans estiment, en effet, que l’avenir est effrayant.

Olivier Revol a ensuite présenté les caractéristiques de chaque génération. Il y a ceux qui sont nés après la Seconde Guerre Mondiale : la génération des Boomers. Ensuite les X de 1964 à 1980. Puis la génération Y de 1981 à 1999. Et enfin les générations Z et Alpha nées à partir des années 2000. Père« de deux Y et de deux Z » Olivier Revol a également évoqué l’impact des « parents hélicoptères », ces parents surprotecteurs. « On ne va pas se mentir, dans les grandes villes comme à Lyon, Marseille ou Paris, nous les parents on passe notre temps à leur dire : Mon chéri tu m’appelles dès que tu arrives.  Je viens te chercher à Grange Blanche », illustre Olivier Revol. Cette surprotection crée ce qu’il appelle l’ « adocrastination ». C’est « l’art de remettre à demain ce que ta mère fera finalement à ta place ». A travers son discours, le spécialiste n’a pas manqué de plaisanter sur les points forts et les points faibles de chaque génération. « Ils sont aspirées par l’adolescence dès le CM1 et le CM2. Ils veulent avoir l’appareil dentaire parce que ça fait ado. Nous les boomers et les X on avait qu’une envie : se tirer de la maison familiale dès 18 ans. Maintenant, les jeunes sont très bien à la maison. La soupe est bonne parce qu’on les protège. Ils préfèrent partir en vacances avec nous, même à 28 ou 29 ans. On les emmène pour les surveiller, certes, mais on les emmène aussi parce que c’est gagnant gagnant : Quand vous arrivez dans votre Airbnb et qu’il y a un écran géant avec 4 télécommandes, si vous n’avez pas vos X et vos Z, vous ne regarderez pas la télé pendant une semaine », raconte le médecin.

Face à ces constats, le pédopsychiatre a présenté les quatre styles parentaux : le style désengagé, le style laxiste, le style coercitif… et il invite alors les parents les parents adopter le style démocratique. Le médecin prône un « management participatif » en famille sans oublier les filles des fratries. « Pour bien les accompagner, il faut comprendre et s’adapter. Il ne faut pas donner l’impression qu’on a le même regard qu’au siècle dernier. », résume-t-il tout en admettant que ce n’est pas forcément évident.

Des échanges nourris avec le public

La session de questions-réponses a ensuite permis d’aborder le lien entre grands-parents et petits-enfants des générations Z et Alpha, la gestion du sentiment amoureux, ou encore la tolérance plus prononcée des jeunes face aux différences culturelles.

Cette conférence était organisée par le parti Cœur Lyonnais de Jean-Michel Aulas pour les municipales de mars 2026. « Il y a une volonté de mettre fortement l’accent sur la prévention », précisent les membres du comité de soutien. 

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