Manque de lumière, froid, journées raccourcies… Chaque année, le moral des Français est mis à rude épreuve. Si l’on en parle souvent comme d’un simple « coup de blues », la dépression hivernale touche aussi les étudiants. En ville, l’offre d’activités compense cette baisse d’énergie. En rural, tout se complique.
Terrasses rangées, gants enfilés et parapluies de sortie : l’hiver s’installe. Pourtant, à Lyon, les étudiants semblent maintenir le rythme. « Il y a certaines choses qu’on continue de faire. Par exemple, cet après-midi, on va au cinéma, comme ça on s’abrite du froid », sourit une étudiante. D’autres misent sur les réseaux sociaux pour trouver des idées. « Je regarde beaucoup TikTok pour savoir ce qu’il y a à faire à Lyon l’hiver. J’ai découvert un bar de peinture en céramique, j’ai adoré. » Pour d’autres, certaines habitudes, comme passer les fins de journée au bar se font plus régulièrement lorsque l’hiver arrive.
Mais à quelques dizaines de kilomètres de là, dans les zones rurales, l’hiver ne se vit pas de la même manière. À Saint-Julien, Marie confie vivre une période plus pesante pour elle. « Il fait nuit tôt, il fait froid. Je sais que c’est pareil pour tout le monde, mais nous, ce qui nous manque, se sont les activités. Ce qu’on trouve en ville, on ne l’a pas ici. »
L’analyse de l’experte : l’isolement social en cause
Si le manque de lumière joue un rôle biologique bien connu, Amélie Grigou, psychologue clinicienne, insiste sur un autre facteur déterminant : l’isolement social. « Cela peut être évité lorsque l’on a accès à des espaces et des lieux où l’on se rencontre. Or, dans les villages, il y en a de moins en moins. Nous sommes des êtres sociaux qui doivent être en lien les uns avec les autres. »
Pour lutter contre la baisse de moral hivernale, les interactions sociales sont essentielles. Qu’elles passent par un café entre amis en ville ou une initiative collective à la campagne, ces connexions humaines restent l’un des meilleurs remparts contre la grisaille de l’hiver.
